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  • carolinemairand8

« Après la guerre, on avait dit plus jamais ça… »

Dernière mise à jour : 6 juil.

Mélanie Berger-Volle, 102 ans, ancienne résistante franco-autrichienne



Elle a le sourire de la paix intérieure, le regard empli de sagesse. Mais aujourd’hui, ses propos trahissent son inquiétude, le passé lui revient. « Fut un temps, après la guerre, on avait dit plus jamais ça. Et ça se réveille de nouveau. » Cette témoin d’une époque ô combien troublée nous offre, par son parcours, son regard éclairé. Aux côtés de ses camarades, engagée dans des organisations antifascistes, avec courage et détermination, elle a mené le combat de la liberté. Ses idées ont pris racine dans le fond de son cœur d’enfant, traçant les contours de sa destinée. Jeudi 4 juillet 2024, Mélanie Berger-Volle a appelé à faire barrage au Rassemblement National au second tour des législatives ce dimanche 7 juillet 2024. Puisse son histoire éclairer la route du plus grand nombre.

Un esprit combatif dans un cœur d’enfant

Mélanie Berger nait à Vienne-Leopoldstadt le 8 octobre 1921. Enfant déjà, elle ne comprend pas qu’il existe des riches et des pauvres, que les uns puissent se sentir au-dessus des autres pour une couleur de peau ou une religion. Dès 13 ans, la politique l’intéresse. Adolescente, elle rejoint le mouvement ouvrier. Elle a 15 ans lorsque, à l’époque de l’austrofascisme, elle prend part à des réunions du parti interdit des socialistes révolutionnaires. Elle adhère par la suite à l’Organisation internationaliste et Antistalinienne des communistes révolutionnaires d’Autriche (RKÖ).

S’engager pour changer le monde

En mai 1938, après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie 2 mois plus tôt, parce qu’elle est juive et communiste, elle risque l’emprisonnement. Elle a alors 16 ans. Au mépris du danger, elle traverse l’Allemagne en autostop pour rejoindre Anvers en Belgique. Elle y vit illégalement quelques mois, avant de relier la France début 1939, à 17 ans, déguisée en homme. Elle obtient un permis de séjour.

Combattre les idées nazies

Quand la guerre éclate, ses engagements politiques antifascistes la placent en ennemie étrangère. Poursuivie puis arrêtée, elle est incarcérée à Clermont-Ferrand avant de rejoindre le camp de Gurs. Profitant du transfert en train, elle s’évade et trouve refuge chez un avocat, comme bonne. Ses camarades sont quant à eux toujours détenus à Milles. Malgré cela, elle parvient à maintenir les liens entre les partisans de la RKÖ d’Anvers, les Milles, Londres, Zurich et New York.

Dompter le danger et ne rien lâcher

Mélanie Berger rejoint Montauban, dans le sud de la France pour échapper à la Wehrmacht. Là-bas, elle distribue des tracts anti-Hitleriens à des soldats allemands. Le 26 janvier 1942, elle est arrêtée, interrogée, battue puis incarcérée à la prison Saint-Michel à Toulouse. Le 18 décembre 1942, elle est condamnée à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d’interdiction de séjour pour « activités communistes et anarchistes » et pour diffusion dans un but de propagande, de tracts de nature à nuire à l’intérêt national. Elle est emprisonnée aux Baumettes à Marseille avec 3 autres femmes.

La Gestapo se mettant en recherche des prisonniers politiques dans les prisons du Régime de Vichy, elle court un grand danger. En octobre 1943, elle est transférée à l’hôpital-prison en raison d’une jaunisse aigüe. Elle est libérée grâce à une action spectaculaire menée par des membres de son groupe avec le concours d’un soldat de la Wehrmacht, en uniforme, qui voulait déserter. Le groupe ainsi formé vient la chercher dans cet hôpital pour un interrogatoire. Ils présentent de faux papiers de la Gestapo. De nouveau libre, Mélanie Berger rejoint la ville de Lyon, reprend son combat au sein de la Resistance sous une fausse identité. En 1944, à Paris, elle sera de nouveau interpellée, juste avant la libération d’août 1944.

Ne jamais oublier…

Mélanie Berger-Volle n’a eu de cesse de témoigner de cette époque qu’elle a traversée et au cœur de laquelle elle a lutté au nom de la liberté, de l’égalité... Aujourd’hui, plus que n’importe qui, cette femme combative, pétrie de valeurs humaines fortes, se souvient de l’Histoire. « Hitler est arrivé au pouvoir légalement et il a changé des lois pour y rester. Les lois peuvent être modifiées », rappelle-t-elle.  

 

En un mot…

Au nom de Mélanie Berger-Volle, résistante d’origine juive, de Marcel Hordenneau, résistant, rescapé des camps de la mort, d'Odette Roux résistante puis maire en 1947, de la famille Junot, maquisards lorrains, au nom de Trédudon-le-Moine, premier village résistant de France, et de tous ces gens qui se sont battus pour notre liberté, pour tout le courage dont ils ont su faire preuve à une époque où s’opposer revenait à risquer sa vie… n’oublions jamais. N’oublions jamais ce « détail de l’histoire où la haine de l’homme pour l’homme changeait d’honnêtes gens en bourreaux et de jeunes gens en chiens de guerre… » (extrait d'un discours de Marcel Hordenneau).

 

Sources : Wikipédia et Histoires d’Auvergnats, de Christian Robert

 

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